ZOO

Le prince des oiseaux de haut vol

couverture de l'album Le prince des oiseaux de haut vol

Éditeur : La Pastèque

Auteur :

Prix : 25.00€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    4.0

    Dessin

    4.0
  • note lecteurs2.5
    1 note pour 1 critique

Le synopsis de l'album Le prince des oiseaux de haut vol

Avril 1942, Antoine de Saint-Exupéry est exilé à New York depuis sa démobilisation. Déprimé, l’écrivain-aviateur ne songe qu’à retourner se battre pour défendre la France occupée. C’est dans ce contexte qu’il est invité part son éditeur canadien pour une tournée promotionnelle. Il débarque à Montréal avec son épouse alors que le Canada, en guerre contre l’Allemagne, ordonne la fermeture de toutes les ambassades françaises sur son territoire. Résultat, l’écrivain est coincé au Québec. Commence alors un séjour qui le fera sortir de sa torpeur. Entre parties de pêches et balades en forêt, il rencontre une fillette qui dessine des moutons, un allumeur de réverbères, et un petit garçon au regard clair qui pose beaucoup de questions….


Le prince des oiseaux de haut vol, Saint-Exupéry par lui-même

On ne parle pas d'un mythe comme Antoine de Saint-Exupéry sans passion. Passion car Saint-Ex a vécu grâce à elle. Celle de l'aviation, du pilotage, de l'écriture, de la France et de Consuelo son épouse. Un homme d'une rare sensibilité, au courage éperdu qui mourra aux commandes de son Lightning en juillet 1944 alors qu'il aurait pu vivre loin de la guerre, compagnon de Mermoz, pionnier de l'Aéropostale, auteur du Petit Prince monument de la littérature française. Philippe Girard avec Le prince des oiseaux de haut vol signe peut-être ce qui s'est fait de mieux en matière de mise en perspective de la vie de Saint-Ex sur une période qui aura été pour lui douloureuse, celle de l'exil, des morsures imbéciles, des remises en question.

Le prince des oiseaux de haut vol

Extrait de Le prince des oiseaux de haut vol : Antoine de Saint-Exupéry en exil au Québec pendant la Seconde Guerre mondiale — illustration tirée de la bande dessinée historique de Philippe Girard qui explore un épisode méconnu de la vie de l’aviateur et écrivain. © La Pastèque, 2024

New-York, Montréal le 29 avril, Saint-Ex est-il pétainiste comme la grande majorité des Français, lui qui a repris du service dans l'aviation en 1939 ? Il veut convaincre pourtant le Canada de pousser les USA à rentrer en guerre. Il veut repartir dans les airs, se battre. L'amour le plus ardent ne peut le garder au sol. Son vrai métier c'est aviateur, le ciel son carnet de notes. Son prochain roman évoquera une vie suspendue aux étoiles. Consuelo épousée en 1931 est là. Torturé Saint-Ex, séducteur, mais qui pense à la France dans sa tournée canadienne. Celle de Vichy n'est pas sa France.

Extrait de Le prince des oiseaux de haut vol, par Philippe Girard

Scène du roman graphique Le prince des oiseaux de haut vol : rencontre et introspection entre ciel et terre, par Philippe Girard © La Pastèque, 2024

Il va être coincé au Québec et à 42 ans il dit être un monstre le corps couvert de cicatrices. Flashback au Guatemala où il manque mourir, visite chez les Mohawks, une fillette qui dessine des moutons, un renard, un petit garçon interrogateur, il va les tutoyer ces étoiles. Girard le fait se livrer dans ces pages à l'architecture soignée. Philippe Girard aura amené une pièce essentielle à la vie de l'auteur de Terre des Hommes.


Haut de page

Commentez et critiquez

1200 caractères restants

Commentaire et critiques (1)

note de la critique de L'historien

2.5

Avec Le prince des oiseaux de haut vol, Philippe Girard s’attaque à une figure aussi mythique que délicate : Antoine de Saint-Exupéry. L’album ambitionne de dresser un portrait intime de l’écrivain-aviateur durant son exil nord-américain en 1942, période charnière précédant la naissance du Petit Prince. Sur le papier, le sujet est séduisant. Dans les faits, le résultat peine à convaincre.

La narration manque de souffle et de tension dramatique. Les scènes s’enchaînent sans véritable rythme, laissant une impression d’ensemble assez monotone. Là où l’on attendrait une exploration plus intense des tourments de l’écrivain-aviateur, le récit reste souvent en surface. Le dessin épuré de Girard, cohérent avec son style habituel, accentue cette distance émotionnelle. Même les séquences oniriques, pourtant centrales, peinent à marquer durablement.

Un album appliqué mais trop sage, qui séduira surtout les lecteurs déjà sensibles à la figure de Saint-Exupéry.

Le 20/02/2026 à 22h56