Le deuxième tome de Face au mur, c'est la cerise sur le gâteau d'une BD qui marquait déjà des points dans son seul tome 1. Laurent Astier revient avec un talent dingue sur la vie du braqueur qui le fut tout autant. Planques, cavales, amours avortées... Cette BD incroyable raconte mieux que tout autre le crime organisé.
Jean-Claude Pautot a choisi la voie du crime dès le plus jeune âge. Braquages, crimes en bande organisée, il fait partie de ces voyous qui avaient de l'honneur. Ça, c'était avant l'arrivée des gros trafics de stups et des bandits qui ont perdu leur charisme en route. Avant Internet et la dépersonnalisation. Dans ce deuxième tome, on rentre encore davantage dans la vie de ce criminel. Et dans sa tête, partageant ses doutes, ses interrogations, ses regrets.
En s'inspirant de la vie du braqueur, co-scénariste, Laurent Astier livre un récit de très haute voltige. Le découpage et la construction de l'histoire de vie de cet homme auquel on s'attache au fil des pages : tout est bon. Il en va ainsi de certains criminels : ils exercent une fascination incroyable. Jean-Claude Pautot en est. Au-delà de son profil et de son parcours s'ajoute une force inébranlable qui fait de cette bande dessinée un incontournable : la véracité.
Le dessin époustouflant de l'auteur n'est pas en reste. Inspiré de la grande tradition américaine et de l'un de ses fers de lance, Will Eisner, le dessinateur noircit les pages de son dessin musclé comme une garde à vue qui dérape, comme un braco qui part en cacahuète. L'auteur aime les gueules cassées, les bandits cabossés. Car ils restent avant tout des Hommes. Avec leurs forces, et leurs faiblesses. Jean-Claude Pautot en est la preuve vivante.
Un témoignage sans détours. Juste de l'action. Un deuxième tome vraiment détonnant. On est avec lui. Face au mur. Avant de repasser derrière.
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